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Tranchons et Traquons : Chasseurs de démons

Dimanche 15 mai 2011

MJ : Paradoks

Joueurs : Camille (Épine, goupil marchande), Anne (Vidaste, humain voleur), Meredith (Belfala, elfe rôdeuse avec son loup, Dolios), LG ( Jorge Bana, taurens guerrier de l’ordre de la Corne rouge – une de mes cornes est peinte en rouge)

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Comment nous sommes-nous rencontré : Épine et moi avons tenté de voler un magicien ; Épine a embauché Vidaste pour nous aider ; Vidaste et Belfala étaient amants ; Belfala et moi avons sauvé une sorcière du bûcher – c’est elle qui nous a donné le plan du magicien.

Le col des furies

Suite à nos dernières aventures, le cambriolage notamment , nous avons décidé de nous mettre au vert – en urgence – et de rejoindre une baronnie voisine, les marches de l’aube, en traversant des montagnes appelées le Glacier des Songes. L’objectif, c’est une grande foire dans une ville appelée Nineveh, de quoi écouler notre magot et trouver de bonnes affaires et du travail.

La traversée du glacier n’est guère facile. Il fait froid et ça glisse. Belfala nous guide, forcément, et elle remarque bientôt qu’une tempête de neige arrive sur nous alors que nous ne sommes pas encore arrivé au col. Un bref instant de panique (« Mon pognon, mon pognon » hurle Épine), mais Belfala tente de trouver une grotte pour nous abriter (réussi : elle trouve une grotte ; raté : elle trouve la grotte mais la tempête est déjà sur nous !)

Aïe ! Le temps se détériore vraiment très vite ! La grotte qu’elle repère est loin et le temps qu’on y arrive, les vents et la neige nous talonnent.  J’ai du mal à suivre le rythme du groupe (trop lourd). On entend des bruits de rapaces dans le vent.  Nous dégainons nos armes.

Soudain je glisse, je tombe et je prend une pente – ma demi-plaque sert de luge. Je disparais dans la neige et le blizzard. Mais ce faisant, j’ai de la chance : j’ouvre une route rapide (et inattendue) vers la grotte. Épine saute sur mon ventre pour accompagner le mouvement. Les autres suivent tant bien que mal.

Je ne suis plus qu’à quelques mètres de la grotte quand une serre se saisit de mon bras, me fait dévier et me projette contre un gros rocher tandis que Épine est éjecté dans la neige. J’ai des envies de voir le sang couler.

Ce sont des chouettes géantes, blanches, avec un visage de femme. Leurs présences menaçantes, que l’on devine plus qu’on ne les voit. Je protège le recul de mes compagnons vers la grotte en faisant des moulinets de ma grande épée. Mais la neige nous gène ! Épine parvient à s’abriter, mais Belfala et Vidaste n’arrivent pas à contrer le vent – les amoureux sont poussés loin de nous, perdus dans la neige.

Les furies me tombent dessus et je me fais larder les bras. Je fonce vers mes compagnons pour essayer de les protéger – mes coups d’épées leur assure une bonne protection contre les monstres volants.  Vidaste a malheureusement perdu conscience. On parvient tant bien que mal à rejoindre la grotte. Les Furies sont furieuses et n’approchent pas de la grotte. Je garde l’entrée tandis que Belfala tente de monter un camp et de nous protéger. Elle bat le briquet.

La grotte est étonnamment ouvragée, comme s’il s’agissait d’une construction. Au fond, une arche de glace et un couloir qui s’enfonce dans les ténèbres. On essaie de réveiller Vidaste, mais il a été sérieusement atteint par le froid. Moi, je l’ai un peu mauvaise d’avoir été blessé sans seulement avoir pu trancher une seule de ces salopes. Je ressors un instant dans la neige et le vent pour les attirer et tenter de les buter ! Épine pense soudainement que les plumes des poulets valent cher auprès des magiciens.  J’ai du mal à voir clair dans la tempête et les furies en profite. Je suis encore touché. Épine est un poil flippée, mais elle tente de me filer un coup de main en balançant des caillasses. Sauf que j’entends un cri, un mouvement d’aile et elle se retrouve figée dans la glace ! (échec critique).

Je donne un coup d’épée dans la glace, mais Épine se prend la lame – emporté par mon élan, j’ai pas mesuré ma force (échec critique encore). Elle est bien blessée ! Oups ! Je l’aide à rentrer dans la grotte et je retourne latter. J’en touche une et la neige se teinte de rouge. Je double immédiatement et je l’empale pour la retenir. Mais elle parvient à fuir dans une bourrasque de vent ! Rah ! Charogne ! Je parviens tout de même à trouver une plume (une sorte de gros glaçon taillé en forme de plume – on dit qu’une cape en plume de furie des glaces protège des froids les plus extrêmes).

Je reflue dans la grotte un peu dépité. La tempête redouble de puissance – peut-être parce que j’ai blessé la furie.

La forteresse du crépuscule

Le couloir semble descendre dans les profondeurs du glacier. On ne peut pas rester dans l’entrée, car le vent est très violent. On trouvera peut-être à se protéger plus loin dans la montagne.  Épine glisse Vidaste dans son havresac (le même que celui de Ruel) afin de le protéger du froid qui l’atteint mortellement (Anne vient de s’endormir sur la table).

Le couloir donne sur un pont tout fin qui enjambe le vide. Tout est ouvragé. C’est vieux. Personne ne sait trop de quoi il s’agit.  Néanmoins, j’ai été à la bibliothèque de Lernesitz et j’ai vu des livres là-dessus : une civilisation d’elfes des glaces. D’après Épine, il s’agirait d’architecture draconique.

On finit par arriver dans un enfilement de pièces au murs glacés, réfléchissant comme des miroirs, translucides – tout est très lumineux. Les murs semblent changer de place, les échos viennent d’endroit impossibles, les reflets donnent des images impossibles. On est rapidement séparés. Épine finit par me retrouver, mais on a perdu Belfala.

Belfala commence à avoir du mal à distinguer le réel des illusions – « Je deviens folle ! » Merdum de Glacier des Songes : on a l’impression de ne pas être réveillés. Épine et moi nous attachons ensemble avec une corde et tentons de retrouver Belfala. Mais tudieu, c’est compliqué ! C’est Belfala qui finit par nous retrouver avec l’aide de son loup, Dolios.

Énervé, et sur la bonne idée de Épine, je commence à défoncer un mur – histoire d’ouvrir un chemin. On entend des craquements – au-dessus, derrière et même sous nous. Belfala nous rejoint à se moment-là. On commence à courir tandis que des bruits de verre cassé se font entendre. On descend toujours dans les profondeurs.

Et là, je glisse de nouveau – forcément. J’étais derrière, du coup, j’embarque mes camarades qui s’accrochent à mes poils. On a droit au grand huit, façon l’âge des glaces. Haaaaaaa ! frissons garantis.

Néanmoins, on finit par s’arrêter. Nous reprenons nos esprits, mais en levant les yeux, oufti : nous sommes dans une immense grotte irisée de bleu. Et au milieu, un immense dragon de glace qui respire doucement – son corps est transparent, ses yeux plus grand que moi. Des panaches de fumée s’échappent de ses naseaux et viennent lécher la glace au-dessus de lui, formant des motifs draconique tandis que la glace bouge doucement.

Surtout ne pas péter !

Avant de commencer à bouger, j’essaie de repérer une sortie. Épine cherche les pattes et se déplace aussi discrètement que possible. D’après ce que l’on sait, il existe quatre dragons dans le monde : Zénith, Crépuscule, Aube et Éclipse (une légende ?) – Crépuscule est le dragon des rêves.

Je délivre un discours inspirant à mes compagnons : « Si on se débrouille bien, on s’en sort vivants. Si on se débrouille très bien, on s’en sort vivants et riches. »

Je trouve une sortie, de l’autre côté du dragon – il faut grimper sur un promontoire et il y a des trucs qui brillent (le trésor, ouais). Mais soudain je marche dans une sorte de tas de neige, sauf que je viens de marcher dans un nid de lucioles des neiges ! Aïe ! Des tas de brûlures froides quand les lucioles me frôlent. J’ai mal. C’était pas le trésor, finalement.

Je me carapate vers la sortie aussi vite que possible pour échapper aux lucioles. Mais d’autres tas de lucioles s’éveillent sur mon chemin. Je tente d’esquiver les tas, mais les lucioles emplissent l’air et attaquent mes compagnons. On escalade le grand escalier et on s’enfonce dans un grand couloir qui descend dans les profondeurs du glacier : on arrive sur un immense lac.

Les nains du loup gris

Il fait bon, des fumerolles s’élèvent de la surface de l’eau. Il y a un petit campement sur la rive : une dizaine de nains !

Un nain vient au-devant de nous, une belle barbe bien tressée, une armure de maille.

« Bonjour

– Bonjour, nous sommes une petite équipe d’aventuriers

– Comment vous êtes arrivé ici ?

– On essayait d’échapper à des furies. On s’est réfugié ici. On a cheminé dans le glacier et on est tombé sur le dragon.

– Un dragon ? N’importe quoi.

– Bon, on a peut-être halluciné.

– Et comment vous êtes tombé sur la grotte ?

– La tempête.

– Nous on habite ici. Nos ateliers d’orfèvreries sont loin sous nos pieds. On va à la foire de Nineveh mais on ne parvient pas à retrouver notre chemin pour sortir. Le glacier a bougé depuis la dernière fois…

– Vous n’avez pas une carte ?

– Si, des tréfonds. Mais on ne parvient pas à rentrer chez nous non plus. »

Le nain s’appelle Gragnor.

« Une fois par an, on va à la grande foire vendre nos plus beaux bijoux. On a tout le chargement avec nous. Mais on est paumé.

– On a du se croiser sans doute.

– Vous êtes bien accompagné (en me regardant – eux sont peu nombreux et portent quelques gros coffres.)

Discussions oiseuses sur les préjugés raciaux. Ils nous proposent de se reposer auprès d’eux.

Le glacier bouge un peu vite – à voir avec les fumerolles du Dragon ? Je propose aux nains de voir un truc. On reprend la pente vers le haut de l’escalier. Il a pas l’air rassuré, mais il suit avec deux trois de ses compagnons. Épine et moi remarquons que la plupart des nains portent une broche représentant une tête de loup dans un métal grisé. Mais grrr. Le chemin ne donne pas sur la caverne du dragon, mais sur une source d’eau chaude. C’est elle qui donne l’eau chaude aux nains dans les tréfonds.

On revient sur le lac par le même passage, pourtant. Étrange !

« C’est bizarre, le glacier bougeait pas comme ça avant. On y vit depuis, houlà, la moitié de l’éternité et un peu plus. »

Les nains nous offrent le gite et le couvert. La nuit commence à tomber au travers de la glace – la luminosité baisse doucement. Est-ce qu’on pourrait s’ouvrir un chemin à travers la glace ?

Les nains sont des gens raffinés – une cuisine roborative mais fine. L’elfe ne sait pas des masses se tenir à table. Il y a une bonne quantité de bouffe avec eux (un coffre sans fond ! pratique pour faire à manger pour tout le monde).

On mange bien. On dort bien. On récupère nos points de vie. On se réveille frais, dispo et en pleine forme !

Dans l’antre du crapaud-buffle

Au cours de la nuit, belfala remarque une sorte d’ouverture le long du lac, là où le lac se vide, sans doute. Là, il semble que l’eau a une couleur rougeâtre, comme une lueur sous-marine. Elle se rendort.

 Au matin, elle nous en parle. C’était une lumière, à l’aplomb d’une grande falaise. Épine propose de contourner le lac pour aller plonger et voir ce que c’est. C’est moi qui m’y colle – je suis un bon nageur. Je dois plonger sous l’eau car il n’y a rien dans la paroi. Je finis par voir une sorte de lueur dans l’eau – je dois nager une vingtaine de mètres sous l’eau, jusqu’à une sorte de grotte où la glace aurait cristallisée de manière fractale (ouch si on s’y frotte). Il y a un îlot de glace au milieu, et là l’eau est très chaude. Je distingue une sorte de grosse créature humanoïde à la peau squameuse, une grande corne et deux paires de bras. Elle ne m’a pas vue. C’est un monstre. Je suis un tueur de monstre. Je provoque et j’attaque. Je lui colle un gros pain dans la gueule, genre bourrin, qui semble le surprendre un poil.

Il projette sa langue vers moi, pour me prendre le cou. J’attrape l’organe et le lui coupe. Il pousse un hurlement. Les morceaux de glaces se détachent des parois et commencent à tomber sur nous, nous blessant. Il recule en poussant des grands cris et s’apprête à se laisser glisser dans l’eau. Je saute en l’air pour le punaiser dans le rocher, mais il me repousse et m’étourdit. J’ai des petits points qui dansent devant mes yeux. Je lui fais une prise de l’ours et je le ramène sur le rocher. Il crie dans une langue étrange avec des imprécations bizarres. Le rocher commence à vibrer sous nous.

Sur la rive, les gens s’inquiètent. Épine devine que j’ai dû trouver une saloperie à buter. Elle décide de plonger pour me rejoindre. Belfala préfère rester sur la rive.

Dans la grotte, j’utilise une technique de l’ordre de la corne rouge pour le maintenir au sol avec des clefs complexes. Mais ses cornes s’allongent et il commence à grossir. Je commence à la poignarder autant que je peux en lui défonçant les flancs, je lui taille la couenne sans beaucoup d’efficacité.

Épine arrive. Le monstre parle une sorte de langage démoniaque.

La bestiole me repousse et je me râpe le dos sur la glace. Je saisi mon épée pour la frapper aussi violemment que possible – il s’en prend une belle. Épine tente de l’attaquer avec son kukri, mais sans résultat et elle est blessée par un coup de griffe.

Soudain sa peau se craquèle et le monstre se liquéfie soudainement au moment où j’allais l’achever. Il tombe dans le lac. Je plonge.

Je vois des sortes de volutes verdâtres dans la flotte qui glissent dans les profondeurs de l’eau et s’infiltrent dans la montagne. Les vibrations se font de plus en plus intenses dans la montagne. Je débouche dans le lac pour reprendre mon souffle. Je retourne à la rive… J’accroche la langue du crapaud buffle à ma ceinture – j’en ferai un fouet (et un objet dans la besace !)

Épine émerge à son tour tandis que tout tremble autour de nous, comme si tout allait s’effondrer. Au moment où un énorme stalactite s’apprêtait nous écraser, il se fracasse à quelques décimètres en heurtant une barrière invisible. Les nains sont aussi figés que nous. Un gros rayon lumineux nous éclaire : un passage vers la surface. Il est temps qu’on file.

« Avant que vous vous en alliez, j’ai un mot à vous dire – une grosse voix énorme derrière nous, le dragon qui vient d’apparaître, oups. Je veux vous remercier. Mon sommeil était troublé depuis bien longtemps par une créature extérieure à notre monde et vous l’avez chassée.

– Ouais, mais c’était pas facile, dit Épine.

– Mais je crains qu’elle se soit échappée vers un autre royaume. »

Les nains pâlissent un poil. Ils ne nous croyaient pas, les cons !

« Je me doutais bien que vous aviez l’étoffe de champions. C’est pour cela que je vous ai fait venir.

– comment ça, fait venir ? C’est vous qui avez envoyé les furies ?

– La destinée. C’était votre destin de venir ici. Les étoiles l’avaient écrites.

– Les furies, les nains du loup gris, le crapaud buffle… Vous nous avez fait venir pour chasser le démon ? La chose serait repartie ailleurs ?

- Dans le royaume sous la montagne. Vos camarades pourront vous guider et vous prêter main forte. »

Les nains approuvent, ouais. Un démon qui attaque leur royaume, faut y aller.

« Bon, ben d’accord. On y va !

– et un marchand qui aide une guilde d’orfèvre, c’est normal ! dit le nain.

– Vous ferez d’excellents chasseurs de démons. D’autant que les os de démon se vendent bien chez les alchimistes.

– Ah mais, on ne fait pas ça pour l’appât du gain, dit Épine. »