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Noradyn Blake 01

Capitaine Noradyn Blake, commandante du Cobra, clipper stellaire de classe Orion

Rapport n° 001: L’Emperor’s Bounty

 
Après avoir quitté Port l’Errance dans le secteur Calixis, nous avons emprunté un passage situé entre deux tempêtes Warp pour pénétrer dans les Étendues de Koronus. J’espère que j’y trouverai la prospérité tant attendue par ma famille… et quelques délices exotiques capables de relever un peu le goût fade de ces derniers mois. Je n’ai en effet pas eu vraiment de temps pour moi. Mon père a tenu à ce que je supervise avec lui toutes les réunions de chefs d’équipes, que je rencontre en entretien tous les membres « importants » de l’équipage et bien d’autres choses encore. Bref je me suis ennuyée comme un rat mort sur des préparatifs qui ont duré près de six mois.

Mais peu importe. Toute cette attente touche à sa fin et je vais pouvoir monter de nouvelles routes commerciales, explorer des mondes à la recherche d’artefacts anciens, voir conquérir un monde qui pourrait s’avérer intéressant. Tout ça sans parler des alcools locaux ou autres substances capables de vous transporter au paradis, des expériences sexuelles avec des xénos ou des relations libidineuses avec des rencontres de voyage, le plaisir de conversations amicales avec les navigateurs de l’espace prêts à raconter leurs histoires de vieux routards dans une station spatiale et, plus que tout, le fait de ne plus devoir avec mes parents dans les pattes à chaque instant. Space, Sex and Fun !

Bon il faut aussi que je me concentre ses mes devoirs. Pas question de passer pour une Libre-Marchande qui se laisse aller à faire n’importe quoi. J’ai un équipage sous mon commandement et des responsabilités. Pour l’heure mon père -pour une dernière fois avec de la chance- m’a confié une mission : retrouver la trace de l’Emperor’s Bounty, un croiseur léger de classe Lathès. Les dernières coordonnées laissent penser qu’il se trouve dans l’Hécatombe, à l’intérieur d’une région de l’espace appelée la Gueule. J’ai un mandat de récupération pour pouvoir me saisir du vaisseau si l’équipage n’en est plus maître. La seule condition est que je sois la première à poser le pied sur le vaisseau. Je devrai donc tourner une preuve vidéo pour le justifier.

L’avancée dans le Warp au travers de la Gueule n’est pas des plus agréables. Nous sommes obligés de régulièrement sortir du Warp pour nous réorienter. Les détecteurs sont lancés régulièrement pour tracer la fréquence de la balise de l’Emperor’s Bounty. C’est mon bosco, Darius, qui mène les opérations de recherche, aidé par l’esprit de la machine du vaisseau. D’ailleurs il se montre particulièrement efficace. Grâce à lui et aux membres d’équipage sous son commandement, il ne nous faut que quelques heures pour dénicher le bon secteur.

Le signal de la balise de l’Emperor’s Bounty provient d’une immense étendue de débris. Il doit y avoir devant nous les carcasses de nombreux vaisseaux ; peut-être un millier. Mais le véritable danger c’est les nombreux astéroïdes qui gravitent dans cet amas de débris. Nous ne pourrons pas approcher avec le Cobra à moins de subir de lourds dégâts sur la coque. J’opte donc pour une équipe réduite qui se rendra sur place grâce à un autre vaisseau, beaucoup plus petit, un cotre, que j’ai surnommé la Vipère. En plus cela va bien avec sa forme en « V ».

Au milieu des débris nous détectons la lueur d’un réacteur à plasma encore en activité. C’est le fameux croiseur que nous recherchons. Je commence donc à constituer mon équipe d’exploration. Je prends une demi-douzaine d’hommes lourdement armés, le même nombre de récupérateurs pour qu’ils estiment les travaux et les richesses à ramasse. Je me charge de piloter le cotre, assistée par un jeune homme au poste de copilote. Je prends aussi le bosco avec moi, un solide avantage pour conserver le moral de l’équipe et le premier technogure, Vorgen, qui sera à même de réparer quelques équipements endommagés et savoir ce qui est arrivé au vaisseau. J’embarque aussi deux canonniers et un technicien qui resteront sur la Vipère.

Les macros batteries du Cobra entrent en action pour nous faciliter le passage vers l’Emperor’s Bounty. J’arrive sans mal à atteindre le croiseur endommagé. De grandes fissures parsèment sa coque. Les réacteurs sont encore en activité et une partie de l’énergie est encore distribuée dans le vaisseau comme en témoigne le dôme d’observation de la passerelle de commandement toujours illuminé.

L’équipe du cotre trouve un sas d’accès et nous pénétrons à bord de l’Emperor’s Bounty. Je prends soin de tourner une vidéo de mon premier pas sur le croiseur impérial.

Dans les couloirs des runes montrent que l’atmosphère est respirable. Il fait sombre mais on peut y voir tout de même. Je décide d’enlever mon casque. Une sale odeur flotte dans l’air ainsi que de la poussière en quantité. Nous avançons prudemment. Nous traversons la cantine. Plein de membres d’équipage s’y trouvent. Ils sont tous morts. Sans trace de violences apparente. Je remets mon casque par prudence.

Nous traversons de nombreuses salles et couloirs. Beaucoup de portes sont fermées. De l’autre côté doit se trouver le vide spatial ou une atmosphère toxique. Cela est surtout valable sur les accès aux étages inférieurs et à ceux qui mènent vers les moteurs de l’appareil. Nous commençons aussi à trouver des cadavres d’hommes et de femmes tués par des armes de tir et de contact. Plus nous nous rapprochons de la passerelle de commandement, plus ils sont nombreux à gire ici et là.

Nous atteignons la passerelle de commandement. Nous montons vers le trône du capitaine. Ce dernier est étendu devant le trône en question tandis qu’un homme en tenue de Navigator se trouve dessus. Il porte une bande métallique sur le haut du crâne. Elle semble presque incrustée dans sa chair. La vision n’est pas très rassurante.

Le type se relève avec lenteur. Les portes de a salle se referment soudainement et une lueur rougeâtre commence à monter du trône. J’hésite un moment puis je donne l’ordre de tirer. Darius ouvre le feu en premier mais manque de précision et les balles vont se ficher dans le trône. Quant à mon tir il est arrêté net par un bouclier, comme tous ceux bien cadrés qui suivent ; même le tir de bolter de Vorgen. Putain !

Darius hurle qu’il s’agit d’un bouclier psychique. C’est au même instant que des lanières d’énergie Warp jaillissent du front du Navigator et frappent les corps présents dans la pièce. Ces derniers commencent à se relever et avancent vers nous tels d’horribles zombis. Nous faisons feu sur ces cadavres animés. Les tirs conjugués des hommes, les grosses détonations du bolter du technogure et mes tirs précis en plein tête font leur effet et jettent à terre une bonne partie des assaillants. Seul Darius peine avec son fusil à plasma.

Mais les zombis ne tardent pas à se relever de nouveau. Bordel ! Je ne sais pas comment résoudre le problème. Darius est persuadé que le bouclier psychique ne va pas durer très longtemps. Mais Vorgen est sûr d’une chose : la restauration du champ de galères brisera le bouclier. Nous nous divisons donc pour tenir les escaliers pendant que Vorgen et les récupérateurs s’acharnent pour remettre le fameux champ de protection en activité.

Alors que les zombis tombent pour la deuxième fois, je hurle au technogure de se magner le train. Vorgen m’annonce qu’il n’y a pas de commande à portée pour réactiver le champ de galères. Il prend juste le temps de télécharger les plans du vaisseau. Il nous faut nous échapper d’ici et trouver une autre solution ailleurs. Je commande à Vorgen d’ouvrir la porte. Ce n’est pas simple, ni rapide. Nous nous plaçons donc pour couvrir le technogure au mieux.

La porte s’ouvre enfin. Nous nous engouffrons dans le reste de l’appareil. Vorgen nous guide en direction du réacteur. Mais plus on approche de notre cible, plus nous trouvons de portes fermées. Et les pantins morts-vivants se font de plus en plus nombreux. Quel putain de merdier !

Tout d’un coup nous entendons une voix sur nos communicateurs. « Vous êtes humains ? ». Le type se présente comme le chef mécano de l’Emperor’s Bounty, Erhart. Il nous donne la direction d’une trappe qui mène à lui et aux autres survivants. Il parle d’une centaine d’hommes. Nous suivons ces indications et nous rallions le lieu où se terrent tous les survivants, bien maigres et blessés pour certains d’entre eux. Erhart parle du problème du champ de galères avec le technogure. Il ne voit qu’une solution : réinitialiser l’esprit de la machine.

Nous nous organisons pour rallier au plus vite le cogitateur central. On utilise le cerveau-crâne de Vorgen pour détourner l’attention de quelques pantins aux ordres du Navigator. Il nous faut une bonne heure pour rallier l’esprit de la machine. Vorgen passe près d’une heure à remettre la machine en état de fonctionnement. Malheureusement nous retenons les pantins morts-vivants depuis une bonne demi-heure et les munitions ne vont pas tarder à manquer. Vorgen est bloqué. L’authentification a manqué. Je lui demande de relancer la procédure. Je lis alors mon mandat à la machine et je deviens ainsi le nouveau maître à bord. Vorgen arrive ensuite à relancer le champ de galères.

Nous fonçons vers la passerelle. La route est longue et les pantins sont nombreux sur notre passage. Mais nous revenons tout de même jusqu’au lieu où les emmerdes ont vraiment commencé. Le Navigator est là. Il se tient debout et les lanières Warp se sont enroulées autour de ses poings. Il charge vers nous avec une dizaine de zombis.

Darius ouvre le feu et dégomme deux pantins, puis Vorgen en met à terre un autre pour libérer l’angle de vue vers le Navigator. Je tire sur ce dernier et je hurle à Darius de l’abattre avant qu’il ne termine sa charge. Mais les tirs de l’archimilitant ne suffisent pas et la créature arrive au contact et le frappe. Heureusement sans trop de gravité bien que les lanières déchirent l’armure du bosco comme du simple papier. Je riposte par un tir entre les deux yeux. Le Navigator s’écroule, ainsi que tous ses suivants. Une sorte de vers métallique git sur le sol. Les récupérateurs le place aussitôt dans une boîte hermétique.

Par la suite mon équipage va désosser l’Emperor’s Bounty, récupérer les survivants et les données du vaisseau. Cela prend quelques jours, le temps d’effectuer des navettes pour rallier le croiseur léger.