Chargement...
 
Imprimer

Carnet de voyages de Nora Mohr 004

Chapitre précédent - Chapitre suivant

le long voyage vers Middenheim

Après l’attaque des mutants un certain chaos règne en ville. Les gens d’importance discutent de la suite des évènements. L’attaque des hommes-bêtes sur la porte a fait deux morts mais une quinzaine de ces créatures ont été repoussées. Cependant… pour combien de temps encore les gardes des différentes brèches tiendront-ils ?

Je participe aux patrouilles pour vérifier que tout va « bien » dans la cité. Ulrich, qui ne dénombre plus que 150 habitants à Hünterguard, nous informe qu’un départ de la ville est imminent. Il nous demande quelques conseils sur le voyage à venir. Le seul souci c’est que nous sommes loin d’être des spécialistes du sujet. Juste l’expérience de ses quelques derniers jours.

Le soir, alors que nous nous installons pour manger, un garde s’approche du feu en compagnie d’un grand type barbu vêtu de peaux de bêtes, et derrière celui-ci encore d’autres gars aussi mal fringués que lui. Le colosse est Hans Bower, un bûcheron, il a été envoyé il y a quelques jours par Ulrich dans les bois pour repérer les ennemis potentiels qui s’y trouvent, et il vient faire son rapport. Je me rapproche d’Ulrich pour écouter la conversation.

Hans affirme qu’il faut partir au plus vite car une grosse troupe d’hommes-bêtes, de plus de 200 individus, traine dans le coin et risque de venir raser la ville. Les créatures risquent d’être là dans 2 jours dans le pire des cas.

Ulrich Schiller apostrophe, juste après le rapport du bûcheron, tous ses concitoyens. Il ordonne la fuite vers Middenheim dès le lendemain. Certaines personnes sont réticentes au départ. Je tente de les persuader de la nécessité de bouger mais je ne me sens pas très bien, du coup je vais me coucher pour être en forme pour le départ.

Le lendemain trois charrettes tirées par des bœufs sont prêtes pour le voyage. Deux contiennent tout un tas de matériel et la troisième accueille les enfants -notamment les orphelins de Granny, la vieille guérisseuse- ainsi que les vieillards.

Personne ne semble très à l’aise à l’idée de voyager. D’autant plus qu’il faudra traverser la Forêt Noire. Heureusement pour nous, Hans Bower est parti en éclaireur.

Schiller vient nous voir. Il s’inquiète déjà pour demain. Nous allons passer aux abords de Grimminhagen, une ville avec un long passif avec Hünterguard. Pour être précise les habitants de Grimminhagen se sont fâchés avec leur seigneur et ont quitté la ville pour fonder Hünterguard. Bref, une sale histoire. Je propose d’aller négocier avec les autorités de Grimminhagen, mais personne ne veut se risquer à aller là-bas… Tant pis…
Nous avançons toute la journée avec une lenteur désespérante. Ulfred tente de distraire les gens du convoi… Ca marche avec les enfants mais pour les autres ils sont trop préoccupés pour se laisser aller à chantonner.

Au matin, après une horrible nuit, nous repartons. En fin de matinée nous sommes en vue de Grimminhagen. La ville est complètement en ruines. C’est affreux ! Les gens du convoi se montrent encore plus méfiants aux abords de la ville et accélèrent le pas. Du coup le reste de la journée est encore plus crevant que d’habitude.

Le soir, alors que tout le monde s’affère à monter le campement, Rufus, le plus vieux des orphelins, vient voir Schiller car Granny est absente depuis plus de deux heures. Comme je ne suis pas loin, j’affirme à Schiller que nous allons tenter de la retrouver, mes compagnons, Hans Bower, Rufus et moi.

Nous allons chercher dans la forêt la vieille guérisseuse. Nous la retrouvons après un bon quart d’heure de marche. Elle est à quatre pattes en train de ramasser des plantes. Mais elle semble figée de terreur. Son regard se rive sur… quatre elfes en armure…

Les elfes portent pour certains des arcs mais c’est leurs longues épées à deux mains très fines qui attirent le plus mon regard. L’un des elfes, qui ne porte pas de casque, s’adresse à nous. Il affirme que Granny est une sorcière. Je lui dis qu’il se trompe, qu’il ne s’agit que d’une guérisseuse. Il m’interroge ensuite d’où nous venons. Je lui rapporte la bande d’hommes-bêtes qui traine dans le secteur. L’elfe dit s’appeler Gilmyr.

Je vais aider Granny à se relever. Quand je relève les yeux, Gilmyr et les autres elfes ont littéralement disparu. Nous retournons au campement.

Le lendemain, vers le milieu de l’après-midi, Bower revient voir Schiller avec un air grave. Il rapporte une embuscade un peu plus loin sur la route : des troncs entravent la route et de nombreuses personnes ont été tuées. Nous nous rendons sur place pour dégager la voie.

Nous tombons sur les cadavres d’une dizaine de personnes. Les corps sont atrocement mutilés. Je m’écarte pour vomir de dégoût. Ce carnage est l’œuvre des peaux vertes selon Vladimir.

Tout d’un coup le prêtre tombe dans un trou dissimulé. Il est très mal, la lame d’une hache s’est enfoncée dans son dos. Vladimir descend pour l’extraire mais sa blessure est trop importante. Le prêtre se contente de remettre une icône de Sigmar à Vladimir. L’ambiance, déjà lourd, s’appesantie encore à la mort du prêtre.

Plus tard, nous nous préparons pour une nouvelle nuit dehors. Vladimir et Ulfred partent avec Granny en forêt pour qu’elle récolte des plantes en toute tranquillité. Puis, une fois revenus, ils vont monter la garde. Moi je m’installe près du capitaine Schiller pour le rapport de la journée.
Je suis réveillée par un boucan. Vladimir et Ulfred rapportent que Granny a disparu, une fois de plus… Schiller veut absolument la retrouver mais il n’a pas beaucoup de gardes à envoyer. Du coup Vladimir, Ulfred, Hans et mois allons nous en charger. Quelle poisse !

Nous retournons en arrière, jusqu’au panneau où s’était arrêtée Granny avec un air nostalgique un peu plus tôt dans la journée. Le panneau de Fändorf. Je crois avoir entendu parler Granny de ce village. C’est là où son père serait mort.

Nous avançons dans un chemin très encombré. Puis nous voyons une lueur au milieu des arbres. Elle provient d’un grand brasier d’où émane tout un tas d’étincelles colorées. La couleur même du feu semble changer. Granny est là et s’agite devant le feu. Des loups tournent autour d’elle… mais leurs yeux sont d’un vert luisant des plus inquiétants.

Je lance un caillou vers Granny mais je manque ma cible et le caillou frappe un loup de plein fouet. Je le touche à l’œil. Ils se précipitent aussitôt tous vers nous… aie !

La vieille ne réagit toujours pas, le bûcheron par contre fonce à l’assaut, moi je peine à sortir ma lame. L’un des loups se jette sur moi et me projette à terre. Toujours au sol je lui balance un coup d’épée qui lui entaille sévèrement une patte. La bête se désintéresse aussitôt de moi. Je regarde mon bras gauche qui est méchamment entaillé. Le bûcheron abat un loup d’un puissant coup de hache. Vladimir réussit à se débarrasser du sien que j’avais entamé à coup de caillou. Le loup qui m’avait agressé juste avant se jette sur moi et je le perfore de part ne part avec ma lame.

Tous les loups gisent morts sur le sol. Je commence à bander ma blessure puis nous nous rapprochons de Granny. Vladimir tente de la frapper pour interrompre le rituel qu’elle est en train de pratiquer mais la manque. Une forme ailée sort alors des flammes… un démon…

Le démon attrape Granny qui est aussitôt réduite en cendres. Puis le monstre s’envole en direction du sud… vers Grimminhagen. On dirait qu’une vieille histoire vient de finir bien mal.

Vladimir s’empare du livre de Granny et nous regroupons ses affaires avant de partir. Nous retournons au campement. Sur place Rufus me soigne avec un talent insoupçonné. Du coup on lui remet toutes les affaires de sa vieille mentor… sauf le livre de sorcellerie. On ment un peu sur la fin de Granny, juste tuée par des loups alors qu’elle se rendait à son village natal. Ainsi a-t-elle finit pour les siens.