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Carnet de voyages de Nora Mohr 003

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Attaque sur Hünterguard

Nous partons vers le nord dans le sillage de l’armée impériale pour rallier Middenheim. Le voyage dans la nature n’est pas une activité aussi facile que je l’imaginais. Nous suivons un large chemin de terre qui remonte vers le nord, tout en gardant les yeux sur la rivière pour être sûrs que nous avançons dans la bonne direction.

En fin d’après-midi nous découvrons une tour avec une palissade dans une petite vallée encaissée. La tour en question doit être le poste de péage dont m’a parlé le capitaine Léonhart. Cependant il semble en bien piteux état, brûlé et effondré en partie, il est certain que plus personne ici ne prend les pistoles des voyageurs. On va en profiter pour y passer la nuit.

Alors que nous cherchons comment nous installer au mieux, le hurlement d’un chien, ou d’un loup, se fait entendre. Nous commençons aussitôt à nous organiser pour monter des tours de garde. L’obscurité totale de la nuit et les bruits de l’extérieur sont loin d’être rassurants. J’ai tellement hâte d’être à Middenheim…

Au milieu de la nuit je suis réveillée par Vladimir. J’ai l’impression que ce rustre m’a filé un coup de pied vu la douleur qui me saisie à la cuisse gauche. Soi-disant il y aurait une bête en approche. Vladimir lance un caillou à l’extérieur et quelque chose s’enfuit. Je n’ai pas assez dormi pour me sentir effrayée par cette situation. Ma seule pensée, presque obsédante, est de retrouver au plus vite un lit confortable.

 
On me réveille de nouveau pour mon tour de garde. Sûrement par galanterie des deux autres le mien ne dure qu’une petite heure. Ensuite le soleil se lève, nous mangeons un peu et nous rallions la rivière. De là-bas nous allons faire arrêter un bateau pour nous emmener le plus loin possible vers notre destination.

Le seul problème, c’est qu’aucune embarcation ne veut s’arrêter. Tous les bateliers semblent persuadés que nous sommes des brigands. Quels abrutis !
Nous retournons donc sur le chemin. En milieu d’après-midi nous croisons une carriole au milieu d’un coude formé par la route. Sur celle-ci et autour se trouve une douzaine d’hommes en robes de bure. Ils portent tous des épées. Certains d’entre eux sont blessés.

Je les interpelle pour savoir où ils vont et si ils ont des nouvelles du nord. Les types me répondent qu’ils vont dans le sud, jusqu’à un de leur monastère. Ce sont des moines de Sigmar. Ils ont malheureusement essuyé l’assaut d’un groupe de brigands il y a deux heures de cela.

A aucun moment les moines n’arrêtent leur charrette et ils ne cessent de tenir leurs épées en évidence. Bien parano ceux-là aussi.

Les choses en restent là…

Après deux heures de marche, alors que je m’inquiète de la présence d’éventuels brigands le long de la route, bien que les moines aient affirmé les avoir mis en déroute, nous entendons les cris sinistres des corbeaux. Puis c’est la découverte d’un tas de cadavre le long du chemin.

Pour ma part je préfère m’éloigner du charnier, mais Vladimir va inspecter les corps. Il leurs fait même les poches… Sa morale est tout de même très douteuse. Bon, il faut aussi se rendre à l’évidence, ces gens sont morts et les biens qu’ils possèdent ne leurs seront plus d’aucune utilité.

Vladimir nous lance, à Ulfried et moi, que les types décédés sont en réalité des moines de Sigmar vu leurs tatouages. Nous avons donc certainement croisé les brigands qui les ont tués.

Il me semble un instant entendre Vladimir parler avec un survivant. Mais celui-ci semble trépasser dans ses bras et Vladimir n’a, semble t-il, rien appris de lui. Il continue de fouiller les cadavres pendant un bon moment, un peu trop long à mon goût et surtout à mon odorat. Puis nous reprenons la route.

Alors que la journée approche de sa fin, nous sommes en vue d’un village juché sur une colline sur les bords du Styr. Il y a même un quai le long de la rive. Nous allons enfin pouvoir louer les services de bateliers.

Les portes de la ville sont ouvertes. Bien sûr notre arrivée est signalée et un garde vient à notre rencontre. Je lui dit que nous sommes juste là pour faire une halte, que nous remontons vers Middenheim depuis Shoppendorf. Je lui parle aussi de l’étrange rencontre que nous avons faites un peu plus tôt dans la journée avec les brigands déguisés en moines de Sigmar et les moines morts.

Le garde nous indique une grande baraque au tour de chaume. On dirait un temple de Taal et Rhya. C’est l’auberge du coin. Nous pourrons nous y poser. Le garde dit qu’il va informer le bourgmestre de notre arrivée et que celui-ci passera certainement nous voir dans la soirée.

Il y a pas mal de monde dans l’auberge du Cygne Couronné. Le patron vient nous voir. Il n’a plus de chambres pour la nuit -faut dire qu’il doit avoir pas loin d’une trentaine de clients ce soir- et nous propose la salle commune et, bien sûr, une bonne assiette de nourriture chaude. Cela fait un bien fou après ces derniers jours.

Un peu plus tard, un batelier du nom de Moritz vient nous voir. Il a été informé que nous cherchons un bateau pour remonter le Styr. Il propose de nous emmener jusqu’à Grimminhagen. Il ne veut pas aller jusqu’à Middenheim. Le coût du voyage s’élèvera à 4 pistoles d’argent par personne. Je règle pour tout le monde comme souvent.

Encore plus tard c’est le bourgmestre qui s’assied à notre table. Je ne lui raconte presque rien de plus que ce que j’ai rapporté au garde plus tôt dans la journée.

 
Le lendemain matin nous prenons la barque pour une journée de navigation très tranquille. Nous nous arrêtons au soir sur un îlot. Moritz nous fait allonger dans le bateau. C’est un ancien soldat et il prend toutes les précautions nécessaires pour éviter les ennuis.

 
Le lendemain nous arrivons au pont de Hünterguard. A côté se trouve la ville du même nom. Elle semble avoir beaucoup morflée car une bonne moitié de la ville n’est plus que ruine, surtout toute la partie à l’est du pont.
Les bateliers ne veulent pas aller plus loin. Et Moritz nous dépose sur la berge. Il me rend juste quelques pistoles. Puis lui et sa petite bande repartent dans l’autre sens. Maudits soient-ils !

Nous entrons dans Hünterguard. Des gens sont rassemblés sur la place centrale. Une réunion entre les survivants pour prier. Quelques habitants nous dévisagent.

Puis un type monte sur une estrade improvisée, plus un tas de bois qu’autre chose. C’est un vieil homme en cotte de mailles et en cuir. Il porte un uniforme qui doit être celui des soldats du coin ou de la milice.

« J’ai reçu un courrier de Middenheim. Le siège est levé ! Le comte a envoyé ses remerciements au village d’Hünterguard. Nous allons recevoir du pain et du vin pour la ville. »

Il commence à lever une bouteille mais celle-ci est aussitôt brisée par un projectile, probablement une arme à feu. Tout le monde s’égaie et je détale aussi.

Je réalise très vite que des mutants attaquent la ville. L’un d’eux à des tentacules à la place des bras, un autre a le corps couvert de fourrure, un autre une tête de cochon… Les quelques défenseurs se ruent sur les mutants.

Alors que je suis abritée dans une maison, je prends mon courage à deux mains. Je brandis mon épée et je crie pour entraîner quelques personnes à ma suite. Vladimir n’est pas de ceux-là… et reste terré avec les femmes et les enfants.

Ulfried se prend un tir qui le met à genoux alors que je fonce dans la mêlée.

J’arrive au contact des mutants. Je tente de donner un coup de lame mais mes piètres talents me font rater ma cible. Ce n’est que quand nous nous retrouvons à cinq contre un que je commence à porter quelques coups efficaces.

Une fois les envahisseurs achevés, tout le monde se précipite vers la maison de l’autre côté du pont d’où proviennent les tirs. Un type à pattes de bouc s’enfuit avec un fusil sur les épaules. Je tente de le poursuivre mais l’effort est trop violent et je dois reprendre mon souffle. Quelques personnes continuent de le pourchasser un peu mais il va beaucoup trop vite.

Nous retournons vers la place. Je reçois quelques remerciements pour mon aide et Ulfried se voit en plus recevoir quelques accolades gratifiantes. Mais, c’est alors qu’un autre garde arrive et signale qu’une trentaine de mutants ont attaqué la porte principale de la ville.

Dans quel merdier sommes nous ? J’ai déjà dit que j’avais hâte de rallier Middenheim ?