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Carnet de voyages de Nora Mohr 002

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Voyage vers Gerstdoorf

 
Le lendemain matin nous partons très tôt pour Gerstdoorf… bien trop tôt à mon goût. Et cet abruti de batelier qui croit que je vais me régler comme par magie sur ses horaires, qu’il n’a même pas pris le temps de me dire hier. C’est quand même moi qui le paie…

Nous remontons le courant. Vladimir et Ulfried se relaie pour ramer avec le type. Moi on m’a assigné à la barre et à l’observation des alentours. Je fais mon possible pour exécuter ma tâche au mieux. Pas que j’ai besoin de me faire bien voir de mes camarades d’embarcation mais je n’ai aucune envie de tomber sur les sales créatures décrites par l’aubergiste et le batelier, juste avant le départ.

En fin de soirée nous sommes sur Gerstdoorf. C’est vraiment une petite bourgade. Nous entrons dans l’auberge du Veau Vert -nom qui doit tenir de l’épaisse couche de mousse qui recouvre l’enseigne- et un grand silence s’abat aussitôt sur la demi-douzaine de personnes attablées.

Je m’assois avec mes compagnons à une table. L’aubergiste vient prendre notre commande. Quelques instants plus tard il nous ramène de belles assiettes bien garnies, avec des morceaux de viande bien appétissants, et des pintes de bière. Un vrai régal après près d’une semaine à se nourrir à la va-vite et rarement en quantité satisfaisante.

Je lui parle un peu d’Aymeric. Il me dit qu’il est connu dans le coin. Il se propose même de faire appeler des gens de sa famille quand nous lui expliquons les raisons de notre venue. Quand nous racontons un peu d’où nous venons et pourquoi, l’aubergiste m’affirme que le siège contre Middenheim a été levé. Il dit aussi que Valten -l’incarnation de Sigmar qui a reçu le marteau sacré des mains de l’Empereur lui-même- a été blessé lors de cette terrible bataille.

Après le repas, la famille d’Aymeric vient se présenter à notre table. Einrich Handler, le père d’Aymeric est très content que nous venions pour faire sortir son fils du pétrin dans lequel il est. Pour ma part je ne l’aide pas par bonté d’âme mais bien pour trouver une sortie à la situation désastreuse dans laquelle nous sommes à Shoppendoorf.

 
Nous repartons le matin très tôt -cette fois je m’y suis préparée- avec trois passagers supplémentaires : le père d’Aymeric, sa belle-fille et sa petite-fille, Gretchen. Comme nous suivons le cours de la rivière nous arrivons en milieu d’après-midi à Shoppendoorf. Je vais aussitôt voir les gardes de la ville pour mander le bourgmestre.

Le bourgmestre arrive avec quelques-uns de ses gardes près du trou autours duquel nous sommes rassemblés avec les deux mercenaires qui commencent à s’inquiéter de la tournure que prennent les évènements. Aymeric est vite libéré quand le bourgmestre comprend que les deux chasseurs de primes ont essayé de le flouer. Il les fait arrêter.

Après la libération du paysan, Vladimir le convainc d’aider le village à s’organiser question agriculture et élevage. Il semble obtenir gain de cause même si Aymeric lui signale que c’est une tâche plutôt lourde vu le niveau d’incompétence des gens qu’il doit former.

Une fois le bourgmestre et ses hommes partis avec les deux pseudos arnaqueurs, l’aubergiste nous entraîne dans la chambre de ses derniers pour fouiller leurs affaires. Ils ont pas mal de matériel de voyage et quelques pièces. Quelques armes aussi mais pas grand-chose d’exceptionnel au final. Toutes les affaires sont mises de côté par l’aubergiste en attendant de savoir ce que les autorités vont vouloir en faire.

Vladimir repart avec les paysans pour annoncer les nouvelles et présenter à Aymeric les lieux.

 
Deux jours plus tard les patrouilleurs ruraux arrivent en ville. Le bourgmestre vient nous voir à l’auberge du Coq Hautain et nous présente le capitaine Léonarht, un petit homme nerveux et sec. Il propose de nous donner 50 couronnes maintenant pour porter des rapports à Middenheim et faire envoyer un messager de là-bas pour l’informer des nouvelles du nord. Il nous délivre un sauf-conduit et une lettre pour la remise de 50 nouvelles couronnes quand nous nous présenterons sur place.

Pour la route le capitaine nous conseille de suivre le chemin emprunté par l’armée impériale il y a quelques temps. Si nous marchons à un rythme correct nous devrions atteindre un poste de péage avant la nuit. Quant à Middenheim, deux bonnes semaines devraient être nécessaire pour atteindre ses portes.

Un long voyage s’annonce…