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Carnet de voyages de Nora Mohr 001

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Arrivée à Shoppendoorf

 
L’attaque de Wolfenburg a été un vrai massacre. J’ai réussi à me réfugier avec d’autres personnes dans la cave d’une auberge dont le rez-de-chaussée s’est en partie écroulé. Après que le bruit insupportable des batailles se soit terminé nous regagnons tous la surface et nous nous préparons à quitter la ville.

Notre petite expédition se met en route. De nombreux autres groupes quittent aussi les environs. Notre groupe se dirige vers l’ouest sans trop avoir une idée précise de là où nous allons. En fait nous suivons un petit groupe de soldats… dans le sillage de l’armée des envahisseurs.

Le soir venu nous sommes au cœur d’une forêt. Différents groupes commencent à se regrouper pour se protéger des dangers de la nuit et des bois. Mais il est évident que tous s’interrogent sur la direction que nous suivons et surtout tous désirent faire une petite halte.

Avec mes dernières forces j’avance dans la direction des soldats de tête. Une femme me désigne un type d’un hochement de tête comme étant leur chef. Elle me dit que l’on va s’arrêter à une source d’eau ou dans une heure. Je reviens en arrière et je préviens les quelques personnes que je croise des nouvelles. Quelques instants plus tard on s’arrête au bord d’une rivière.

La nuit est affreuse. J’ai mal partout.

 
Au milieu de la journée j’apprends qu’on se dirige vers la ville de Shoppendorf. On longe la rivière toute la journée. Le soir venu on s’abrite sur un ilot. Les soldats sont de plus en plus stressés et ils parlent des créatures qui rôdent dans le coin.

Je profite de cette pause pour me laver un peu. Mais un cadavre me heurte et je regagne très vite la rive en hurlant. Heureusement qu’il faisait noir et que je n’ai pas très bien vu. Par contre pas du tout intéressée pour tenter de nouveau un brin de toilette.

Le groupe de soldats parle de l’avancée des hommes-bêtes qui se dirigent vers le nord. Heureusement ils ont prévu d’aller vers le sud. Ils parlent aussi d’une armée de sauveurs qui viendraient de la capitale. Je ne crois pas franchement à cette histoire mais je vais tenter de rassurer un peu les gens quant à la suite des choses. Ils semblent trop désespérés pour prêter attention aux quelques bonnes nouvelles. Dommage…

 
Le lendemain nous approchons d’une tour en ruines. Ce fou de Vladimir part l’explorer. Mais quand il revient parmi nous en fin d’après-midi son visage n’exprime que la déception.

 
Le reste du voyage est long et ennuyeux. Au quatrième jour nous nous faisons attaquer par un dizaine d’hommes-bêtes. Cela fera une douzaine de victimes avant que les soldats ne puissent intervenir et faire fuir la menace.

 
Nous arrivons au village de Shoppendorf après près d’une semaine de voyage. Mais l’accueil n’est pas celui espéré. Une cinquantaine d’hommes armés se placent devant les portes de la ville. Je suis le chef des miliciens qui s’avance pour parler avec eux. Des arbalètes se pointent sur nous. Je signifie que l’on souhaite demander asile. Mais on nous signifie très vite qu’il ne va pas être possible de nous accueillir. Pour cette nuit nous devrons camper à l’orée de la forêt et demain le bourgmestre viendra s’entretenir avec nous pour la suite.

Je propose à Vladimir et Ulfred de venir avec moi à l’entretien demain qui doit avoir lieu au Coq Hautain, une auberge située juste devant les murs de Shoppendorf.

 
Le lendemain nous sommes au Coq Hautain. Le chef des miliciens, deux de ses gars, Vladimir, Ulfried et moi nous installons à table en face d’un vieux soldat, d’un bourgeois très grand et costaud et d’un type bien habillé qui doit être un noble local. Ils parlent d’un village en ruines à trois kilomètres de là. Ils veulent bien consentir à nous laisser cet espace pour s’installer. Ils vont fournir un peu de nourriture et des tonneaux pour pouvoir transporter de l’eau là-bas, le puits ne donnant plus rien.

Le vieux soldat nous parle aussi de la grande armée de 15 000 hommes qui est montée avec l’Empereur pour délivrer Middenheim du siège qu’elle subit.

Pour toutes les demandes nous devrons passer par l’aubergiste. D’ailleurs seul le petit groupe de cette matinée est autorisé à se rendre dans l’auberge.

 
Le lendemain nous allons au village que l’on nous a attribué. Pour ma part je vais du côté du Coq Hautain pour m’enquérir des tarifs auprès de Joseph qui dirige l’établissement. Pour une couronne et deux pistoles j’aurai une chambre individuelle et trois repas par jour. Ma bourse ne va pas tenir très longtemps, mais bon… c’est ça où la puanteur et la poussière du village en ruines.

L’aubergiste nous tient une vieille rengaine sur les orques, brigands et autres monstruosités du coin.

J’écris une lettre au noble de Shoppendorf pour m’entretenir au plus vite avec lui.

 
Le lendemain midi, alors que je prends mon repas à l’auberge, j’aperçois deux cavaliers arriver avec un type encordé entre eux. Le prisonnier est exténué et les deux autres types ont une dégaine de mercenaires. Ils arrivent dans les lieux et se vantent d’avoir capturé Hans Grübber, un chef brigand.

Le type capturé a été placé dans un trou pourvu d’une grille. Je vais le voir. Il me hurle qu’il s’appelle Aimerick, qu’il vient de Gertsdoorf à cinq jours d’ici. Qu’il a une femme et une jeune fille. Bref… je commence à douter des dires des mercenaires.

Je commence à me renseigner pour aller à Gerstdoorf.

 
Ce matin les mercenaires sont en joie. Les patrouilleurs ruraux ne devraient plus tarder et leur récompense va tomber. Pour un simple paysan trouvé sur les routes, 100 couronnes sont certainement une récompense des plus alléchantes.

Je rencontre le noble pour lui annoncer que je vais enquêter sur le cas d’Aymeric/Hans pour tirer cette histoire au clair. Peut-être que si le bourgmestre s’évite de payer 100 couronnes pour rien il sera plus à même d’entendre mes propos.

Je retourne à l’auberge pour louer les services d’un batelier : Tom.