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ASATA 007

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« Que donnent tes rituels Masques ?
- Pas grand-chose, surtout que tu t’évertues à me déranger sans arrêt.
- Oh… Je suis désolée si nous avons perdu leurs traces depuis plus de trois semaines. Mais, si tu n’avais pas joué de ton arrogance, nous n’aurions pas été repérés par d’autres Puissances qui sont désormais attentives à nos moindres gestes.
- Bon… Veux-tu te montrer constructive ma chère Minuit que nous avancions de nouveau vers nos cibles ? Bien, ajoute Masque après un regard vers sa comparse silencieuse. Notre dernier élément est cette grande baraque à l’est de Long Island qui s’est transformée en vastes ruines fumantes après le passage de David, Lance et Nikky.
- Tu persistes à les appeler ainsi ?
- Jusqu’à présent ce sont les noms qu’ils ont.
- C’est ridicule…
- Merci de ce commentaire constructif. Bon, de ce que nous savons, la jeune femme qu’ils ont emmené à New York s’est faite enlevée tandis que le Busard, avec qui ils ont eu quelques conflits bien que lointains, a pris le contrôle presque totale de New York devenue véritable capitale de la musique et des fêtes.
- Hé bien il suffit d’attendre leur retour à New York et leur tendre une embuscade.
- Ce n’est pas idiot ! Lance Masque après un long moment d’hésitation. »

 

« Que t’as confié l’infirmière ? Demande Vision.
- Elle m’a affirmé les avoir vus il y a un peu plus d’une semaine. Elle a sollicité leur aide pour un ami écrivain qui habite du côté de Providence. Un certain Dan Cregane qui lui aurait envoyé des lettres plutôt étranges.
- Elle te les a montrées ?
- Non, mais je sais qu’elles sont dans son bureau. Tu peux faire quelque chose ?
- Ok. Je m’en charge ! »

Les yeux de Vision deviennent soudain blancs unis. Il ne bouge plus du tout mais son front plissé trahit son extrême concentration. Puis quelques minutes après, Vision ouvre les yeux, son regard reprend progressivement ses couleurs tandis qu’il commence déjà à faire un rapport à sa complice :

« Dans ces lettres Dan parle de sa rencontre avec un acupuncteur situé entre une boutique de tatouages et une maison close non loin de la côté. Il parle d’un problème d’inspiration complètement guéri par le travail de ce médecin chinois. Il y décrit des rêves incroyables. Tu sais, cela me donne l’impression qu’il a voyagé au travers d’autres mondes. Mais il parle surtout du fait que ses rêves lui donnent peu à peu des instructions. Les personnes que nous cherchons sont parties à sa recherche, c’est certain !
- Elle m’a dit qu’ils étaient tous les trois forts blessés et que la jeune femme était furax du fait que sa moto, envoyée à Montpelier par train, n’est jamais arrivée. Tu crois qu’ils sont tout de même partis directement à Providence ?
- Tu veux traquer la moto ? Le problème c’est qu’elle a peut-être été récupérée et que cela ne nous mènera à rien. Providence est une meilleure opportunité.
- Oui. Tu as raison. On part pour Providence alors ! Conclut Voyageuse. »

 

Vision regarde une étrange sphère métallique installée au rez-de-chaussée d’un garage aménagé qui est, d’après les renseignements acquis, le logement de Dan Cregane avant sa mystérieuse disparition. La construction complexe vaguement sphérique en fils de fer est une œuvre à la fois remarquable, étrange et légèrement inquiétante. Vision se concentre un instant sur Dan, une photo de lui à la main. Mais cela ne fait aucun effet. Il prend une autre photo montrant une vieille femme devant une grande peinture qui semble être son œuvre.

Soudain des images lui apparaissent à l’esprit. Vision voit la vieille dame ouvrir le garage et être aspirée par la sphère alors que cette dernière tourne à une vitesse vertigineuse dans la pièce.
« Bon… Cette sphère est donc un portail ! Se dit Vision à lui-même. J’aurais vraiment aimé que Voyageuse soit ici. Cela m’aurait évité de faire l’expérience par moi-même. »

Vision pose sa main sur la sphère tout en s’accrochant de son autre main au porte-manteau. Puis il donne un peu d’élan à l’objet. Une force d’attraction importante commence à naître dans la pièce. Vision regarde les mouvements de la sphère et sourie. Il semble savoir où mène le portail. Mais, soudain, un craquement se fait entendre et le porte-manteau est arraché du mur.

« MERDE ! »

 

Voyageuse parcourt l’ensemble des photos accrochées aux murs de la petite boutique de tatouages, bien située, comme prévue, à côté d’une ancienne petite boutique tenue par un chinois mais fermée par la police, du moins selon les dires du tatoueur, et pas à deux pas d’un bar fréquenté par des prostituées où se déroulent d’après les affiches des spectacles érotiques pour adultes. Voyageuse se retourne vers Ray Sneider, le vieux tatoueur de presque soixante-dix ans et lui demande :

« Votre ancien voisin s’appelait Chan c’est bien ça ? Combien de temps a-t-il exercé ?
- Trois mois tout au plus. Après la police est venue fermée le magasin. Moi j’ai les clés pour les visites. D’ailleurs c’est bizarre que vous me demandiez ça. Il y a quelques jours trois personnes sont passés pour visiter le magasin et comme vous ils avaient l’air de mener une enquête.
- Deux hommes et une jeune femme ? Lance Voyageuse à la fois surprise et enthousiaste.
- Euh… Oui. Une grosse baraque, un type bien sapé et une jolie blondinette. Avec de très jolis seins d’ailleurs. Je dis ça car elle m’a demandé de lui faire un tatouage sur le sein gauche. D’ailleurs elle m’a demandé de lui faire un grand tatouage sur tout le dos et…
- Oui très bien pour les tatouages ! Mais qu’ont-ils fait ici ?
- Ils ont inspecté le magasin de Chan. Enfin ce qu’il en reste. Je crois qu’ils ont découvert quelque chose de planqué d’ailleurs. J’ai pas bien vu mais j’ai aperçu une lame d’acier sombre avec une longue poignée en os quand ils sont venus me redonner les clés. Et je suis presque certain qu’ils ne l’avaient pas avant. Vous voulez un tatouage vous aussi ? »

Le tatoueur se retourne pour voir son interlocutrice mais celle-ci n’est plus là. « Et bah ça veut dire non j’imagine… »

 


« Allô Katie. Oui je viens ce soir à la fête. Et je suis passée du côté du port pour aller à la boutique du chinois, mais c’était fermé. Je n’ai pas les bougies odorantes que tu voulais. Mais j’ai vu deux drôles de types devant le magasin. Ils étaient devant une voiture sur le capot de laquelle se trouvait un chat avec un ruban autour du cou. Et tu sais quoi, on dirait que l’un d’eux était prêt à dégainer une arme pour tirer sur le chat. Faut pas être dingue pour ça ? »