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ASATA 004

 
Une jeune blonde avance d’un pas prudent dans la cave du Coiled Serpent, un établissement qui appartient au redouté chef mafieux qu’on appelle le Busard. Devant elle un homme en costume sombre avance jusqu’à un mur et y retire un drap sombre qui dissimule une porte. Derrière celle-ci un escalier étroit remonte sur quelques mètres vers une autre porte de bois finement sculptée. La blonde se retourne un instant, fait un signe de tête à un homme portant un costume luxueux et commence à avancer sur les pas de l’autre.

La petite bande franchit la porte sculptée et se retrouve face à un étroit couloir sans lumière. La femme aux cheveux dorés allume une lape-torche et il avance dans un appartement pas spécialement occupé mais pas vraiment abandonné pour autant. En fouillant les lieux les trois individus découvrent une chambre dont les fenêtres sont murées comme dans tout le reste de l’appartement. Dans cette pièce se trouve un grand lit sur lequel est allongée une jeune femme… enchaînée au lit par une jambe.

L’homme massif en grand manteau noir s’approche d’elle. La nana sursaute, paniquée, tandis que l’homme marque une pause, interloqué, avant de faire un pas en arrière. La jeune femme aux cheveux blonds éteint sa lumière après qu’un bruit se soit fait entendre en provenance du fond du couloir. Elle s’approche de la femme entravée et demande à son compagnon bien sapé de la libérer, mais c’est l’autre qui répond en forçant la chaîne jusqu’à ce qu’elle cède.

« Vous êtes blessée, s’enquiert la blonde au visage piqué de nombreuses tâches de rousseur. »

La captive ramène ses jambes contre elle, pleine de craintes. Sa peau devient visible aux yeux de tous et elle ressemble à celle d’un serpent.
« C’est à cause de Mac Kay, finit-elle par dire. Il m’a fait boire un truc et depuis mon corps se transforme. J’étais danseuse et maintenant Mac Kay va me laisser ici jusqu’à ce que la transformation soit totale… Sur ces dernières paroles elle s’effondre en larmes.

- Ne vous inquiétez pas, mes compagnons et moi allons vous aider, chuchote la jeune femme venue la délivrer. »
Soudain d’étranges bruits se font entendre. Les trois comparses retournent vers la porte et alors que la lampe-torche se rallume ils constatent qu’une marée de cafards est en train d’envahir l’appartement. La jeune femme blonde s’empresse de refermer la porte. Le type bien fringué se précipite vers la prisonnière, la guide vers la porte, l’ouvre et pénètrent dans une sorte de tourbillon lumineux. Mais, alors que les deux dernières personnes, la jeune femme et la brute, s’apprêtent à passer, la porte se referme. Et, quand ils l’ouvrent de nouveau, derrière ne se trouve qu’un couloir sombre plein de cafards. Et l’image de ces deux individus face à cette nuée d’insectes se brouille soudain jusqu’à disparaître et faire place aux yeux bleus intenses de Voyageuse.

« Alors ? Demande Vision. Cet évènement auquel nous venons d’assister s’est passé quand ?
- Trois semaines après leur retour du Vermont je pense.
- Et la disparition de David Anderson et de la jeune femme à la peau de serpent tu l’expliques comment ?
- Un sortilège. La seule étrangeté dans cette histoire c’est comment a-t-il appris un tel sort. Mais d’après ce que j’ai pu entrevoir il est retourné du côté de la maison au bord du lac, la propriété de Charmanq dans le Vermont.
- Tu crois que les deux autres ont compris où il allait eux aussi ?
- C’est fort probable. Ou du moins c’est à espérer. »

 


« Qu’est-ce que tu fais Masque ?
- J’essaie de remettre la main sur eux. Comme tu ne t’en préoccupes ma chère Minuit, je suis bien obligé de faire le travail.
- Si tu n’étais pas aussi impulsif, nous aurions déjà atteints nos cibles.
- Au moins, j’essaie de réparer mes erreurs… contrairement à d’autres… »

Minuit fait quelques pas rapides en avant et attrape la mâchoire inférieure de son complice à pleine main. Elle commence à augmenter la pression jusqu’à laisser échapper un petit cri de douleur de la part de Masque, à mi chemin entre la souffrance et la jouissance. Elle sourie en secouant la tête d’un air navré et annonce :

« Pendant que tu t’amuses j’ai mis la main sur des informations sur ce Charmanq. C’est un grand connaisseur de magie, conscient des potentiels magiques qui traversent l’univers et qui a produit quelques écrits sur des dimensions parallèles. Quant au Chasseur, la créature lancée aux trousses de nos cibles, si elle ne l’a pas tué, c’est grâce à l’esprit prisonnier d’un lord anglais dans une urne chinoise qu’il a pu s’en sortir.
- Tu parles de l’attaque qui s’est produite dans l’appartement à New York ?
- Oui. L’esprit prisonnier est mort à sa place alors qu’il réintégrait une enveloppe corporelle matérielle. Et, donc, tu semblais être en train de préparer quelque chose. Qu’est-ce donc ?
- Un piège !
- Un piège ?
- Et tu crois vraiment qu’ils vont tomber dedans ?
- Disons que cela va leurs porter malchance pendant un petit moment. De quoi créer des situations compliquées qui risquent de les faire revenir sous nos radars.
- C’est une idée farfelue.
- Mais elle peut marcher, conclu Masque. »

 


« Oui ! Ici Mac Kay ! Prend tes hommes et retourne chez Charmanq. Ce putain de générateur de problèmes ne va pas s’en tirer si facilement. Prend de quoi réduire sa putain de baraque en cendres ! Je veux qu’il comprenne qu’on ne plaisante pas avec moi. Et fais ça vite ! »