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ASATA 002

 
Dans l’appartement d’un hôtel particulier, au 151 Central Park Ouest, un homme aux longs cheveux gris à l’âge indéfinissable et une jeune femme aux cheveux blonds comme les blés tressés avec minutie se tiennent debout au-dessus d’un corps.

« Étrange décoration, commente Vision.
- Je ne vois pas ce que cela a d’étrange. Des masques, des bijoux, des statuettes et tous les autres objets ici présents sont des créations de peuples primitifs. J’imagine donc que celui qui les collectionne a une certaine passion à ce sujet.
- Ou il cherche quelque chose de précis. Des vestiges d’un savoir passé.
- Tu ne dis pas cela au hasard j’imagine, demande Voyageuse.
- En effet… Une créature est venue ici. Je sens sa marque.
- Tu peux essayer de nous montrer à quoi elle ressemblait.
- J’essaie depuis que nous sommes arrivés ici. Mais elle se terre dans les ténèbres. Je n’arrive pas à obtenir une image précise d’elle.
- Regarde, dit Voyageuse en désignant à Vision une fenêtre brisée qui mène sur la rue.
- Parfait ! Je pense que les personnes que nous cherchons sont bien passées par ici. Et cette fenêtre cassée est probablement leur œuvre. Quoi qu’il en soit cela va nous permettre d’observer cette créature. »

Vision se concentre et, peu à peu, une image se dessine. Une image qui remonte à la surface telle un écho du passé. La silhouette brumeuse d’une créature à la peau parcheminée apparaît. Elle a la peau grise, deux yeux ronds prédateurs, une mâchoire avec trois rangées de dents et des mains avec des griffes taillées aussi bien que des lames de rasoirs.

« Elle n’est pas morte ici. Il est certain qu’elle les a traqués. Suivons la piste de cette bête, c’est notre meilleure chance.
- Je suis d’accord Vision. Tu crois pouvoir la suivre ?
- Ça ne sera pas facile, mais ça se tente. »

 

« Johnny Koh, qu’est ce qui s’est passé bordel ? Qui t’a mis dans un tel état ? »

Lance une jeune asiatique à un type d’une trentaine d’année bien passée, de taille assez modeste mais doté d’un corps musculeux et noueux. Un petit gabarit qui ne rend pas hommage à la puissance qui coule en lui.

« C’est ce putain de flic ! Ce justicier, cet enfoiré de mes deux qui vient toujours foutre le nez dans mes affaires. Je ne sais pas ce qu’il venait faire là. Johnny Koh prend une longue inspiration, rive les yeux au plafond avant de reprendre l’histoire depuis le début, de manière machinale. Lance est venu avec deux de ses amis, une jolie blondinette au visage tacheté et un type super bien costumé. Ils sont venus au bordel me demander des informations sur une urne. C’était un objet antique. Il venait de la Cité Interdite de Pékin. Lance m’a parlé d’un cadavre retrouvé dans l’appartement d’un collectionneur d’objets primitifs. Le type avait un tatouage. Le dessin qu’il m’a décrit correspondait à un signe mystique. Un signe qui peut signifier « prisonnier » ou « hôte ». Ensuite les flics ont débarqué et je leurs ai ordonné de fuir. »

Johnny Koh prend une dernière inspiration avant de s’effondrer dans le fauteuil atteint soudainement d’une profonde envie de dormir. En face de lui les yeux de la jeune femme passe d’un noir profond et intense sans iris, aux caractéristiques plus commune d’yeux noirs dont sont souvent dotés les orientaux. Puis la jeune femme disparaît peu à peu dans des volutes de fumées colorées étranges jusqu’à ce qu’un homme masqué apparaisse à sa place. Un type de plus de deux mètres au corps fin. Il presse une main sur son visage et de ses longs doigts effilés comme ceux d’un pianiste il masse son masque.

« Tu as appris des choses intéressantes Masque ? »

L’homme tourne sa tête et observe-la superbe brune qui se tient derrière lui dans une tenue blanche moulante mais tachetée de nombreuses projections rouge sombre. Son regard dissimulé croise le regard vert de son acolyte et il sourie. Un sourire presque dément, sadique à souhait.

« Oh, ma belle Minuit, je ne t’ai pas entendu entrer. Nous sommes sur la bonne voie. Tu avais raison. »

Sa voix et son regard traduisent la profonde malveillance de Masque. Minuit le regarde, esquisse une moue de dégoût qui ne dure qu’un instant avant de reprendre :

« Je ne suis pas là pour m’amuser ! J’ai une mission à remplir et plus vite elle sera faite, mieux se sera. Si tu as pris tous les renseignements possibles nous devons partir. Nous ne pouvons pas rester longtemps ici. Nous sommes peut-être puissants mais ce monde est tellement éloigné du notre que cela nous demande une énergie folle pour nous y incarner.
- Tu t’en fais trop ma chère Minuit. »

Minuit bondit en avant d’une démarche féline et prédatrice, attrape Masque au niveau du cou et commence à presser ses ongles contre sa peau, faisant perler quelques gouttes de sang.

« Je ne plaisante pas Masque ! Je n’ai aucune envie de me retrouver coincée ici !
- Oh, que j’aime quand tu prends les choses ainsi, lance Masque d’une voix extatique.
- Imbécile… »
Masque et Minuit disparaissent tandis que Johnny Koh commence à émerger d’un sommeil non naturel qui vient brutalement de se stopper.

 


« Oui. Monsieur Charmanq. David Anderson à l’appareil. J’ai bien récupéré le maroquin dans le meuble à secrets. Des soucis ? Je suis tombé sur un inspecteur de police, un certain Richemont. Les choses ont failli mal se passer, il y avait un corps dans votre appartement. Oui. J’espère bien que nous tirerons tout cela au clair. Quelle ville ? Willkins ? Où est-ce ? Dans le Vermont… ce n’est pas la porte à côté. Je prendrai le train avec mes associés. Retrouvons-nous à la gare de Willkins. Bien ! Au revoir. »