Chargement...
 
Imprimer

ASATA 001

 
Un homme aux longs cheveux gris attend patiemment sur les berges d’un fleuve. Il tire régulièrement sur sa cigarette et regarde le ciel étoilé de ses yeux noirs comme les ténèbres les plus insondables qui puissent exister. Il réfléchit. Il pense à cette situation qui l’a conduit ici.
Soudain il entend des pas derrière lui. Il soupire. Presque personne n’est capable de le surprendre, sauf elle. Et, sans se retourner, il demande de sa voix grave :
-Bonsoir, Voyageuse. Tu sais où nous allons ?
- Oui. J’ai trouvé une piste viable. Il sera certainement possible de la remonter.
- Je te suis.
- Tu n’as pas d’autres questions Vision ?
- Non… pas vraiment. »
Il se retourne, observe la jeune femme aux longs cheveux blonds tressés et au regard bleu intense qui se tient devant lui, tire une derrière fois sur sa cigarette, avant de l’écraser au sol. Il prend la main de Voyageuse et ils disparaissent tous les deux.
Ils réapparaissent l’instant d’après non loin d’un grand bâtiment. Sur la devanture on peut lire « Ashton Smith Grand Hotel ». Dans la rue devant le bâtiment de nombreuses voitures de police sont garées. Policiers, civils et secouristes s’agitent en tous sens. On dirait bien qu’un évènement dramatique vient de se produire. Un duo d’ambulanciers transporte un brancard recouvert d’un drap blanc déjà teinté de rouge.
« Par là Voyageuse ! »
Vision s’approche de l’ambulance, sa présence est invisible et personne ne se retourne sur lui. Il entre dans le véhicule, sa collègue sur les talons. Il soulève légèrement le drap, observe le visage blanc de la victime, avant qu’elle n’ouvre soudain les yeux, le regard un peu perdu.
« Bonjour, murmure Vision d’une voix apaisante. Vous étiez sur les lieux ? Vous pouvez nous raconter ce qu’il s’est passé ? S’il vous plaît…
- Mais, qu’est ce qui m’est arri…
- Allons. Restez concentré. Dites-nous comment vous vous êtes retrouvé dans cet état. La fin me suffira vous savez.
- Hé bien, nous venions de pénétrer dans le bâtiment. Nous nous sommes séparés. Un groupe est allé du côté de la salle des enchères pour récupérer un objet et l’autre vers la salle de réception pour tenir les gens à l’écart et empêcher qu’ils ne fassent quelque chose de stupide. Mais… tout ne s’est pas passé comme prévu. Une baraque et une blondinette sont intervenues. Le type taillé comme un roc s’est pris une rafale de mitrailleuse mais il n’a pas bougé. Il devait avoir une protection planquée sous sa veste. La blonde, avec le visage tacheté, elle a enchainé un coup de genou dans l’entrejambe d’un de mes potes avant de lui coller un violent coup de pied une fois au sol. Ensuite on s’est barré avec le masque que nous étions venu chercher. Mais là on s’est pris une volée de balles. On avait des protections mais un type m’a sauté dessus. J’ai eu très mal un instant puis plus rien.
- A quoi ressemblait le masque ?
- Je ne sais pas trop. Un masque en bois. Une sorte de truc primitif. Un objet qui appartenait à un certain Charmanq, mais je ne sais pas trop qui c’était. D’autant que la réception était donnée par un richard du nom de David Anderson. Mais vous savez, moi j’obéissais aux ordres.
- Merci. Ca ira. Vous n’aurez plus à vous préoccuper des ordres désormais.
Le type ferme les yeux et Vision remet délicatement le drap blanc sur son visage.
« Tu crois que l’homme à l’épreuve des balles était Darrell Lance Abbott et que la blonde était Nikita ? demande Voyageuse.
- Cela semblerait logique. Mais il nous faut plus d’éléments. Tu crois qu’ils sont allés où ensuite ?
- Chez ce fameux Charmanq ! En tous cas, c’est ce que moi j’aurais fait.
- Allons sur place alors, tu veux ?
- Aucun problème. Prends ma main ! »
L’étrange duo disparaît aussi vite qu’il est venu. Et se retrouve dans une pièce encombrée mal éclairée. Des décorations diverses ornent les murs, des livres trainent ici et là, mais surtout des meubles sont renversés, du mobilier abimé et un corps git au milieu de la pièce.