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Le lendemain, au Trois Barbues, il y eut bien plus de clients que la veille. Cyra s’empressa de prendre le temps de tenir une courte discussion avec chacun et chacune, histoire de recueillir les avis et de savoir quelles évolutions possibles des lieux les clients pouvaient s’imaginer. Si la première partie fut simple à traiter, la totalité ou presque des personnes interrogées évoquèrent en effet la qualité de la cuisine d’Irène et des alcools, ainsi que le calme louable de l’endroit. Cyra fut bien plus déçue sur sa question des améliorations qui se résumait souvent à un mot : rien. Mais l’elfe noire était maline, elle savait pertinemment que sans services supplémentaires, l’établissement ne permettrait pas de faire vivre toute la bande. De plus, il fallait trouver de nouvelles idées et rapidement. La moitié du mois des Sources était déjà passée et dans une vingtaine de jour aller se dérouler la Fête des Fleurs, une date à laquelle beaucoup de gens afflueraient en ville.

Cyra interrogea Othine et Léa sur la recette du gâteau aux raisins et demanda à ce qu’elles en préparent trois kilos. Puis la bande se scinda pour effectuer diverses tâches. Gaell devait se renseigner sur Safrax, le wulfur du Marais Blanc qui avait fermé à clé et piégé magiquement la chambre d’Irène. Krenkô resta à l’auberge pour faire des analyses magiques et vérifier la sûreté des lieux. Et, comme souvent, Osgarda ne le lâcha pas d’une semelle. Quant à Cyra elle devait se renseigner sur des activités supplémentaires et surtout sur les lois les régissant.

Gaell dégotta quelques informations sur Safrax, mais pas grand-chose de nouveau. Si ce n’est que les Marais Blancs étaient un peu considérés comme les Lointains, un endroit sauvage et dangereux qui nécessiterait un bon guide. Quelques personnes avaient conseillés à Gaell de faire appel à des mercenaires de la guilde de l’Acier pour envoyer des messages ou à se faire escorter par des membres de la guilde de l’Eau. Mais, surtout, au fil des conversations, un nom était ressortis : Gaatha.

Il ne fallut que peu de temps à Gaell pour trouver le local d’une compagnie appelée « Gaatha et Filles », dont l’enseigne comportait un « Fils » qui avait été soigneusement barré pour « Filles ». Il était évident, dans la manière dont était présentée la compagnie, que Gaatha en question était un ancien employé de la célèbre compagnie de transport « Titan et Fils ». Gaatha se présenta très vite à l’accueil de son établissement. C’était un nain avec une longue barbe qui touchait presque le sol et une jambe de bois qui lui donnait une allure étrange, à la limite du cliché du boucanier. S’il n’apprit rien de nouveau à Gaell sur Safrax, il se montra plus instructif quand iel évoqua le « Trou au Gnome ». D’après lui cela désignerait une sorte de lieu-dit, un puits du Marais Noir qu’on surnommerait ainsi. Il conseilla à Gaell de trouver un conteur du nom de Tlhidiek, un spécialiste du Marais Noir et de toutes ses histoires.

Krenkô pendant ce temps effectuait tout un tas de petits rituels et d’incantations pour s’assurer de la sécurité magique des Trois Barbues. Paranoïaque il poussa même le vice jusqu’à lancer des analyses sur Landerac, le vieil écrivain, et sur les deux serveuses Othine et Léa. Bien sûr, comme souvent, il se rendit compte que son sens aigu de la suspicion abusive l’avait une fois de plus trompé, et que les trois personnes étaient plutôt très loyales. Tandis que, dans ses pas, avançait Osgarda, la brutale orque, dont la loyauté du moment était vouée au salaire que Krenkô lui versait chaque semaine. Malgré tout le gobelin découvrit qu’un des fours de la cuisine était enchanté, de même que l’épée à deux mains au-dessus de la cheminée, la porte en fer du sous-sol et absolument toutes les ouvertures menant à la chambre d’Irène.

Cyra de son côté recherchait des informations sur des sujets que des gens d’autres villes auraient jugés avec méfiance : les jeux d’argent, les drogues récréatives et les spectacles érotiques. Mais les seules choses qu’elle tira de juristes (ou assimilés) c’est que de telles activités ne devaient pas nuire à l’ordre public. Pour le reste tout est autorisé… du moment que les « taxes » sont bien payées.

Cyra se balada donc en début de soirée pour repérer des établissements de nuit qui répondaient à ces trois activités. Mais, assez étrangement, elle n’en trouva qu’un seul : le Foudre de Guerre. Situé du côté des champs de foire, cet imposant établissement accueillait au centre de sa salle principale un foudre de guerre, un immense tonneau pouvant contenir plusieurs dizaines d’hectolitres d’alcool. L’établissement proposait aussi des gens d’argent, principalement sur des jeux à base de cartes, de la vente de substances récréatives qui figuraient directement sur les ardoises où étaient inscrites toutes les consommations possibles. Et, au vu de quelques affiches au centre d’un cadre de bois, quelques spectacles osés se tenaient de temps à autre. Cyra ne fut pas surprise au moment d’apprendre le nom du propriétaire des lieux : M. Beaujoie.

En milieu de soirée toute la bande se retrouva au Trois Barbues. Ils échangèrent sur les diverses informations recueillies dans la journée, mais aucune décision ne fut prise sur la suite des évènements. Pourtant, le lendemain, le quartier était en ébullition. Les forces de l’ordre venaient tout juste de retrouver le cadavre d’une personne assassinée, la gorge tranchée, juste aux pieds des remparts. Le fils Beaujoie !

vastemonde_3b_005.txt · Dernière modification: 2020/03/08 03:28 par Clément